Congés payés et heures supplémentaires : de nouvelles règles applicables

Actualité
Publié le 17 septembre 2025
Par le Pôle Édition

Le 10 septembre 2025, la Cour de cassation a rendu un arrêt important qui harmonise le droit français avec les exigences du droit européen, en matière de décompte des heures supplémentaires, pour les salariés ayant pris des congés payés.

I – Contexte

Jusqu’à cette décision, lorsque le temps de travail est décompté à la semaine, le salarié ne pouvait prétendre au paiement d’heures supplémentaires pour la semaine au cours de laquelle il avait posé un jour de congé payé. En effet, pour pouvoir bénéficier du paiement d’heures supplémentaires, il devait avoir travaillé plus de 35 heures « effectives » sur la semaine considérée. Or, les jours de congés payés ou de maladie étaient traditionnellement exclus du calcul de ce seuil de 35 heures.

Dans son arrêt du 10 septembre 2025, la Cour de cassation juge que cette pratique est contraire au droit de l’Union. En effet, la jurisprudence de la Cour de Justice de l’Union Européenne considère qu’une règle ou une pratique qui dissuade un salarié de prendre ses congés payés est contraire à l’objectif du droit au congé annuel payé, en particulier lorsqu’elle engendre un désavantage financier pour le salarié.

II – La position de la Cour de cassation

Afin de s’aligner sur la position de la CJUE, la Cour de cassation écarte donc les règles traditionnelles. Désormais, le calcul du seuil de déclenchement des heures supplémentaires doit prendre en compte les jours de congés payés.

En d’autres termes, lorsqu’un salarié prend un jour de congé payé au cours d’une semaine et que son travail effectif aurait dépassé les 35 heures si ce congé n’avait pas été pris, il peut prétendre au paiement d’heures supplémentaires.

Il convient de noter que cette décision ne concerne que les salariés soumis à un décompte hebdomadaire du temps de travail.

Ces articles peuvent vous intéresser

164 Ko
9 février 2026
Convocation à l’entretien préalable : la remise en main propre suffit, même sans décharge

La Cour de cassation, dans un arrêt du 21 janvier 2026, rappelle un principe essentiel : le refus de signer...

Lire la suite
19 Ko
9 février 2026
Abondement correctif du CPF : ce que les entreprises doivent savoir

Dans un arrêt du 21 janvier 2026, la Cour de cassation a rappelé que l’abondement correctif du CPF n’est pas...

Lire la suite
145 Ko
22 janvier 2026
Harcèlement sexuel : la Cour de cassation se penche sur l’enquête interne

Dans un arrêt du 14 janvier 2026, la Cour de cassation confirme que l’employeur n’est pas obligé de mener une...

Lire la suite